La précision : dans les alignements posturaux pour aller vers la clarté et la conscience qui mettent en lumière les différents points de tensions et les blocages à dépasser.

La durée : pour ouvrir des espaces intérieurs qui concernent aussi bien le corps physique (physiologique et énergétique) que psychique.

La séquence : la combinaison et l’enchaînement de postures pour en accroître leurs effets bienfaisants.

La respiration : elle est une donnée essentielle de la pratique en tant qu’élément charnière entre le corps et l’esprit.

LES GROUPES DE POSTURES : 

Quelle que soit la matière à étudier, il faut appliquer une méthode. Le corps physique, les organes des sens, la sensibilité et le mental sont donc exercés progressivement et consciencieusement à travers l'Ashtanga yoga, qui considère la pratique en s'appuyant sur huit piliers fondamentaux. Les deux premiers sont Yama (la discipline morale et universelle) et Nyama (les règles de la conduite individuelle). Le sadhaka (pratiquant) ne mortifie ni ne néglige son corps. Il apprend au contraire à en prendre grand soin car il est, pour lui, un instrument de sa réalisation spirituelle. Les noms des Asana (postures) sont significatifs et illustrent les étapes de l'évolution. Certains portent le nom de végétaux, d'insectes, d'animaux aquatiques et amphibies, d'oiseaux, d'animaux quadrupèdes, de reptiles, et les stades d'évolution de l'être humain figurent également, comme la posture de l'homme à l'état embryonnaire : "garba pindasana". Les héros légendaires et les sages prêtent également leurs noms à d'autres asana et des dieux du panthéon hindou figurent aussi. En pratiquant les asana, le sadhaka fait prendre à son corps la forme de diverses créatures. Son esprit est ainsi exercé à ne mépriser aucune forme de vie, car il sait qu'à travers l'étendue de toute la création souffle le même esprit universel, sous d'innombrables formes. Il sait aussi que la forme la plus haute est ce qui n'a pas de forme. Il trouve l'unicité dans l'universel. Le vrai asana est celui par lequel la pensée du Brahman coule sans cesse et sans effort, à travers la conscience du sadhaka.  L'étude considère également le Pranayama (la maîtrise du souffle), ainsi que les différents niveaux d'attention dans l'assise (Pratyahara, Dharana) jusqu'à la méditation (Dhyana), pour enfin réaliser les différents niveaux de Samadhi. 

Les postures debout :  assouplissent les articulations et les muscles tout en développant la stabilité, l'ancrage et la résistance physique. Elles constituent l'entrainement fondamental pour débuter une pratique. 

Les postures de flexion vers l'avant :  étirent et allongent la partie postérieure du corps. Ces postures préparent le corps à aller plus loin et apportent uniformité et régularité dans le développement de la souplesse physique et mentale. Elles apaisent également le système nerveux.

Les postures assises à la verticale et allongées sur le dos en extension : préparent le corps et le mental au pranayama.

 

Les postures inversées : aident à régénérer le corps et le mental des tensions de la vie quotidiennes. Elles équilibrent toutes les fonctions vitales et renforcent la stabilité émotionnelle. 

Les postures en torsion : vivifient la colonne vertébrale, les organes internes et pacifient le mental. 

Les flexions vers l'arrière : apportent acuité d'esprit et vivacité physique et mentale. Elles tonifient et vivifient le corps et le mental tout en conduisant le sa dhaka vers l'intériorité. 

Les postures d'équilibre : développent la tonicité et la force musculaire, la légèreté, la coordination et la concentration.

Les enchaînements (Vinyasa) : s'opposent aux tendance dépressives. Ils dynamisent, revitalisent et apportent fluidité au corps et à l'esprit.

 

LE PRANAYAMA  :

 

Prana a deux racines sanskrites : 'pra' est un préfixe dénotant la continuité et 'na' veut dire mouvement. Il s'agit donc d'une force constamment en mouvement, d'une vibration que rien n'arrête. Une nette distinction est à effectuer entre son aspect cosmique, qui est très subtil et que seul un mental illimité peut percevoir et sa forme individuelle relative au corps, dont la nature est plus grossière et tangible. Le prana émane de la réalité non-manifestée, appelée hiranya garbha, la matrice (ou l'oeuf d'or). Au niveau matériel, il se manifeste en tant qu'existence individuelle.

Le yoga et plus particulièrement le pranayama, nous amène à percevoir en nous-mêmes la présence de l'activité du prana, afin de nous faire prendre conscience de sa dimension cosmique. 

La respiration est considérée dans la pratique comme un processus très important car elle est le principal moyen d'absorption du prana dans le corps. La façon dont celui-ci donne la conscience et la vie à toute créature qui respire est expliquée dans les Shastras. La Taittiriya Upanishad, la Brahmana Upanishad, la Maitri Upanishad et le Shiva Swarodaya considèrent le souffle comme le véhicule de Brahman, la conscience cosmique. Ainsi le prana est non seulement synonyme de vie, mais il correspond à l'existence même. Il se manifeste partout où mobilité et stabilité sont combinés. 

Par la manipulation contrôlée du souffle qui entre et qui sort par les narines, il est possible de réguler les mécanismes internes du corps et de contrôler les activités praniques et mentales. 

L'air que nous inhalons et la manière dont nous respirons modifient nos émotions et réciproquement. Le Hatha Yoga Pradipika affirme la même chose en disant que "si la respiration est perturbée, le fonctionnement mental l'est aussi. Contrôler le souffle permet de stabiliser le mental". 

 

Ainsi 'Pranayama' signifie prolongation, retenue ou contrôle du souffle. Il consiste en une suite d'inspirations (puraka), d'expirations (rechaka) et de rétentions du souffle (khumbaka). Discipliner la respiration favorise la concentration de l'esprit, régule les pensées, les désirs, les actions du pratiquant et permet d'améliorer l'état de santé générale. Le pranayama procure l'équilibre et l'immense force de volonté nécessaires pour devenir maître de soi-même. 

                                                    

"Le Pranayama n'est pas un exercice mécanique. C'est une poésie cosmique qu'il faut non seulement comprendre, mais aussi savourer et apprécier".

                                                                                                                                    (Prashant. Iyengar)

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